Journées européennes du Patrimoine
18 juin 2016
Comme tous les ans, l'association CAILLAC PATRIMOINE ET RURALITE a animé les journées du patrimoine.

Une journée consacrée à la fraise !

- Exposition de photos anciennes, textes, anciens magazines, outils divers et panier d'expédition d'époque.

- Explication sur les variétés de fraisiers et leurs modes de culture.

- Démonstration de préparation de la fraise, par le Chef local, J. C. Voisin.

- vidéo-reportage sur les souvenirs des anciens sur l'âge d'or de la fraise à Caillac


- pour terminer, repas animé par deux musiciens.

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Caillac et l'histoire de la fraise dans la Vallée du Lot

La culture de la fraise fut très importante dans la vallée du Lot de Cajarc à Prayssac. Les premières plantations furent établies dans les alluvions anciennes de Calvignac puis Tour-de-Faure et Caillac.

Les premières fraises à Caillac

Historiquement, Caillac fut la seconde commune de la vallée du Lot où la fraisiculture se développa, en effet les premiers fraisiers y furent cultivés à partir de 1903. Il existe plusieurs variantes(1) sur l'identité de la personne ayant introduit cette culture, mais toutes ont en commun des habitants de Calvignac. Très vite les Caillacois, séduits par les bénéfices générés par l'expédition des fraises aux halles centrales de Paris, multiplièrent les plantations.
Un des très rares témoignages de la culture des fraises à Caillac avant la Première Guerre mondiale, se trouve dans le registre des délibérations du conseil municipal en date du 20 septembre 1908 où la commune va demander à être desservie par le bureau de poste de Mercuès et non plus par celui de Douelle : " Le Conseil considérant que les demandes soumises sont justifiées et doivent être prises en considération par suite des avantages réels et multiples qu'apporte un tel changement, qu'il y a lieu d'en tenir compte surtout au vue de l'extension considérable prise par le commerce local, tant sous le rapport des vins que pour la vente des primeurs : fraises, prunes ou culture maraîchères ; décide de demander à ce que la commune soit desservie par le bureau de poste de Mercuès et prie l'administration supérieure de vouloir bien lui donner suite dans le plus bref délai(2) " .

Un premier âge d'or dans l'entre-deux-guerres

Brouillon d'un contrat de métayage de 1921 (3)

Entre les soussignés

M. ……...

et M. ………

 

a été convenu et arrêté ce qui suit :

M. ……… donne à titre de bail à moitié fruit à M. ……… qui accepte une contenance de ……… à prendre sur un article en matière de terre situé au lieu de La Grézette, commune de Caillac, et confrontant la partie baillée de trois côtés au bailleur, et de l'autre à Mongrelet.

Cette contenance est destinée à une plantation de fraisiers que le preneur doit faire sur cet article.

Ce bail est fait pour une durée de ……… ans, qui commencera à courir le premier novembre mil neuf cent vingt et un pour se terminer le 1er novembre ……... . Néammoins le bailleur pourra faire cesser ce bail après la deuxième année, et ensuite annuellement en prévenant le preneur trois mois à l'avance par lettre recommandée, et sans aucune formalité judiciaire.

M. Bertrand doit faire une plantation de fraisiers sur toute la partie baillée qui est spécialement affectée à cet effet. Cette plantation sera en plants Héricart : le preneur fournira le plant, et tous les travaux seront faits par lui sauf le ramassage des fruits qui sera fait par les soins des deux parties, et en présence l'une de l'autre. La paille sera fournie par moitié.

La plantation devra être effectuée dès l'entrée en jouissance du preneur, et être toujours tenue en excellent état de propreté. Le preneur ne devra jamais laisser de tiges dites gourmands, aux fraisiers mères ; ces tiges devront toujours être soigneusement enlevées, et le preneur ne pourra les conserver pour quelque motif que ce soit : soit pour les vendre, soit pour les donner.

Tous les fruits, dès leur enlèvement, seront portés au domicile du bailleur, et toutes les expéditions partiront de ce domicile. Au fur et à mesure de la réception du prix de la récolte, ce prix sera partagé par moitié. Les expéditions seront faites au nom du bailleur ; néanmoins toutes les pertes subies au cours des expéditions soit à raison d'avaries ou d'autres causes seront supportées par égales parts.

A sa sortie, le preneur ne pourra arracher, ni enlever les plants et devra les laisser dans l'état où ils se trouveront.

Pour l'enregistrement seulement, la valeur de la récolte revenant annuellement au bailleur est évaluée à cinq cents francs, la première année en étant exclue comme devant être improductive. Le présent bail sera enregistré aux frais du preneur.

 

Fait en trois originaux à Caillac le ………

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Mais c'est au lendemain de la première guerre mondiale que Caillac est devenu " le centre de production le plus important de la vallée du Lot(4) " d'abord grâce à son terroir mais surtout en raison de la proximité de la gare d'Espère qui permettait des envois directs vers la capitale. A partir de 1925 tous les wagons de fraises de la vallée du Lot furent groupés pour former de véritables trains partant de Cahors ou d'Espère.

L'importance des expéditions de fraises sur Paris a incité les Caillacois à demander le changement de nom de la gare d'Espère qui était la seule à permettre les expéditions directes sur la capitale.

 

Changement de nom de la gare d'Espère en gare d'Espère-Caillac

Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal de Caillac

 

1925 le 5 septembre : Le conseil municipal de la commune de Caillac s'est réuni à la Mairie sous la présidence de M. Brunet Edouard maire (…)

La commune de Caillac dont l'exportation de ses produits fraises, vins, noix etc, s'intensifie de plus en plus, n'ayant pas de gare portant son nom quoique se trouvant avoisinée par deux (Espère et Mercuès). Il résulte de ceci un gros inconvénient, beaucoup de négociants ignorant par quelle gare est desservi Caillac, envoient leur matériel soit à Cahors, ou bien à Douelle qui n'étant qu'un arrêt ne reçoit pas de marchandise, d'où il résulte de graves inconvénients, perte de temps et souvent d'argent.

Le conseil délibérant émet le vœu que la gare d'Espère qui est celle où la commune fait ses plus nombreuses expéditions soit dénommée Espère-Caillac. La dite commune de Caillac s'engage à couvrir les frais qui lui incomberont par suite de cette modification.

 

Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal d'Espère

 

L'an 1926 le 30 mai à 11h le Conseil municipal de la commune d'Espère légalement convoqué s'est réuni dans la salle de la Mairie d'Espère en session ordinaire (…)

 

Monsieur le président lit au conseil municipal une délibération du conseil municipal de Caillac en date du (blanc) dans laquelle les membres du conseil municipal de Caillac demandent que la gare d'Espère porte désormais le nom d'Epère-Caillac. Le conseil municipal d'Espère soumet cette question à une étude approfondie.

Mais considérant :

1- que les avantages invoqués par les intéressés en faveur de cette dénomination sont nuls et inexistants

2- que les deux localités : Espère et Caillac sont de cantons différents

3- que la gare d'Espère est lieu plus éloigné de la commune de Caillac que la gare de Mercuès

4- que toutes les municipalités des communes environnantes savoir : Calamane, Crayssac, Nuzéjouls, Maxou et Mercuès toutes desservies par la même gare d'Espère et dont elles sont encore plus rapprochées protestent contre cette appellation

5- que enfin tous les habitants de la commune d'Espère sauf un ont protesté contre cette dénomination

le conseil municipal de la commune d'Espère décide de rejeter la demande de la commune de Caillac et prie M. le directeur du P.O de ne pas l'approuver.

 

Le directeur de la compagnie du Paris-Orléans ou l'administration semblent avoir été très attentifs aux soucis des fraisiculteurs caillacois, puisque la gare prit le nom d'Espère-Caillac (ce qui est très exceptionnel, car il existe très peu d'exemples de changement de nom de gare en France !).

 

Il est intéressant de noter que c'est à cette même époque que la commune entame une démarche auprès du directeur des Postes pour obtenir l'ouverture d'une agence postale avec téléphone. Les fraisiculteurs devaient jusque-là se rendre quasi quotidiennement au bureau de Poste de Douelle pour recevoir les télégrammes de leurs mandataires parisiens les informant des cours de la Fraise aux Halles : prix qui motivaient les envois des jours suivants. Après l'échec d'un premier projet d'installation de cette agence en 1926 dans une maison située à côté de la Bascule, il fut décidé de la localiser au Restaurant de Fernand Nadal sur la Place du village.

 

Caillac et une vingtaine d'autres villages lotois connurent une période de prospérité durant l'entre-deux-guerres en se dotant de syndicats communaux de producteurs pour faciliter les expéditions.

Cette prospérité reposait sur la Vicomtesse Héricart de Thury appelée couramment Héricart ou Fraise du Lot : une variété de fraisier reconnue pour être très productive, fournir des fruits d'une très bonne qualité gustative et résistants au transport, et dont les plants pouvaient fournir d'excellentes récoltes pendant près de 15 ans sans être renouvelés. " L'Héricart a fait la réputation des fraisiculteurs lotois. Elle est merveilleusement adaptée aux sols perméables des alluvions anciennes (…) si l'Héricart prospère dans les alluvions anciennes elle ne se plaît que médiocrement dans les alluvions récentes(5) " où les rendements deviennent médiocres.

Malheureusement à partir de 1932 la Héricart commença à tomber en dégénérescence obligeant les fraisiculteurs à se regrouper dans la Fédération Départementale des Associations de Fraisiculteurs du Lot et à se tourner vers de nouvelles variétés : " la Noble Laxton ou Noble qui réussit bien dans les bas-fonds ", Alphonse XIII, la souveraine (Royal Sovereign), la surprise des halles, la Moutot (Madame Moutot)… " Les variétés nouvelles avaient moins de tenue au transport que l'Héricart. Le délai de 48 heures entre la cueillette et la mise en marché, faisait que certains lots un peu trop mûrs, arrivaient mal (6)" . La Fédération entama des démarches auprès de la compagnie d'Orléans et de la Compagnie des Transports Frigorifiques qui aboutirent à ce qu' " à partir de 1936, toutes les expéditions furent faites en wagons isothermes " servant de glacières.

 

Une lettre(7) de M. Laurent Fraysse, premier président de l'Union des Syndicats Fruitiers de la Vallée du Lot(8) , offre un témoignage de l'apogée de la fraisiculture :

" En 1939, 27 syndicats locaux faisaient partie de l'Union s'échelonnant depuis Cajarc jusqu'à Puy-l'Evêque. Les plus grosses productions en fraises étaient : Caillac, Parnac, Douelle, Tour-de-Faure, Prayssac, Puy-l'Evêque ; (…) En fraises la totalité de la production était contrôlée par les syndicats. Toutes les expéditions se faisaient par l'intermédiaire de l'Union. Standardisation des emballages, marque syndicale unique, expédition en wagons isothermes glacés et contrôle de la vente sur le marché de Paris par un producteur délégué de l'Union, tels étaient les principaux résultats obtenus. (…)

En fraises, la production était de l'ordre de 1500 Tonnes environ dont 1000 à 1200 allaient à l'expédition vers Paris et Lille, et le reste à l'industrie (confitures, sirops, jus de fruits). (…)

Toutes les manutentions se faisaient chez le producteur. Pas de coopérative de vente. Expédition directe du producteur au mandataire. "

 Cette prospérité prit fin à la déclaration de guerre : les fraisiculteurs arrachèrent la plus grande partie de leurs plantations pour se tourner vers des productions vivrières. Le reste de la production connut de grands aléas de commercialisation.

  

Le second âge d'or de la fraise 1945 à 1960  

Sous l'impulsion de l'Union des Syndicats Fruitiers de la Vallée du Lot, les expéditions reprirent en 1945, non sans difficulté : " La culture de la fraise s'étant sensiblement réduite, on ne pouvait plus l'expédier des gares de la Vallée. Il fallait la production de plusieurs communes pour faire un petit wagon. La SNCF refusait de faire ce ramassage de détail qui retardait par trop le train. Il fut alors envisagé de faire une collecte par route, en amont et en aval de Cahors avec comme centre d'expédition la gare d'Espère-Caillac. Celle-ci avait l'avantage d'être située assez près des principaux lieux de production, et sur la ligne directe Toulouse-Paris, ce qui permettait un acheminement rapide vers la capitale(9) " . Très vite la prospérité fut de retour grâce à l'Union qui réglait tous les problèmes liés à la commercialisation et trouvait de nouveaux débouchés. En 1949 un délégué se rendit compte que des acheteurs faisaient l'acquisition de fraises du Lot aux Halles de Paris pour les revendre plus du double en Angleterre : l'U.S.F.V.L entreprit d'expédier directement des wagons de fraises sur Londres (45 tonnes en 1950) et c'est ainsi que la gare d'Espère-Caillac fut équipée par le service régional des douanes de Toulouse, d'un " bureau auxiliaire saisonnier ". Une publication de 1953 note que : " De la vallée du Lot nous viennent le vin et les fruits, notamment les pêches et les fraises, lesquelles sont connues sous le nom de " fraises du Lot " en raison de leur saveur particulière ; chaque année, elles sont expédiées en quantités considérables vers Paris et l'Angleterre(10) " . Les fraisiculteurs reconstituèrent leurs plantations (certains vignerons se mirent eux-aussi temporairement à cultiver des fraises après les ravages causés aux vignes par l'hiver 1956) et la production ne cessa de croître jusqu'en 1958 avec 800 tonnes de fraises. Le trafic redevint intense à la gare d'Espère-Caillac : 321 tonnes (80 wagons) pour toute la saison 1949 et dans les années 1950, 30 à 35 tonnes par soir (7 ou 8 wagons(11)) ; l'U.S.F.V.L dut construire en 1957 un quai couvert et un hangar pouvant permettre le déchargement simultané de cinq camions.

 photo: divers emballage d'époque dont panier osier consigné.

Déclin et dernières récoltes 

A partir de 1960, les prix à la baisse, la concurrence de cultures plus rémunératrices (vigne, tabac…), les départs à la retraite (…), firent baisser le nombre de fraisiculteurs " un peu plus chaque année, et à partir de 1964 il ne fut plus possible d'exporter : les tonnages étant devenus trop faibles (12)" . La production de fraises s'effondra (30 tonnes en 1969) et les derniers fraisiculteurs se tournèrent vers la fraise des bois ou la framboise.

 

Les soins à apporter aux fraisiers 

Le fraisier réclame essentiellement une bonne exposition, condition indispensable pour avoir une maturité précoce et en conséquence des cours avantageux ; des binages répétés pour maintenir le sol propre, l'enlèvement fréquent des stolons, une plantation homogène au point de vue variété pour pouvoir livrer la récolte sous sa véritable dénomination, un paillage du sol à la floraison pour avoir des fruits présentables, toutes conditions qui jointes à l'habilité du planteur de cueillir la fraise au point de maturité voulue pour supporter le transport sont très exactement réalisées.

A cela il faudrait ajouter une fumure bien équilibrée, ce qui n'est pas toujours le cas(13).

 

La saison des fraises 

Les fraisiculteurs recrutaient de nombreuses jeunes femmes pour la récolte des fraises qui nécessitait une main d'œuvre soigneuse et endurante. Dès les années 1930, ils durent faire appel à des fraiseuses de toute la région et notamment des filles de mineurs du bassin de Decazeville. La commune de Caillac pouvait accueillir jusqu'à 300 fraiseuses logées chez l'habitant, ce qui explique la renommée des bals de l'époque.

Pendant un mois, de mi-mai à mi-juin, la Vallée du Lot vivait à l'heure des fraises. Elles étaient cueillies du levé du jour à 11h30 et en fin d'après midi (les paniers de fraises récoltées en pleine chaleur étaient le plus souvent stockés dans de petites cabanes construites en bout de parcelle). Les fraises étaient directement récoltées dans les paniers de ventes. A 11h30 commençait " le pliage " dans un local frais: les fraises étaient rangées, chaque panier était doté d'une étiquette et emballé de cellophane, puis les paniers étaient placés dans des cadres ou des cagettes avec le nom du mandataire parisien. En début d'après-midi un camion chargeait les cagettes pour les amener en gare d'Espère-Caillac où elles étaient mises en wagon en soirée, pour être à Paris le lendemain sur les étals.

 photos: cabane de stockage et "fraiseuses"

Bals des fraises

 Au départ il y avait plusieurs bals dans différents lieux de la commune : les plus anciens ont des souvenirs de bals avec accordéoniste dans l'entre deux-guerres à Largueil, au Mas Viel et bien-sûr à Lacroix.

Les bals de Lacroix avaient lieu dans la rue entre le café Parra et le Restaurant Chez Nadal, mais ils ont pris une grande importance grâce à Fernand Nadal qui aménagea une petite place devant son établissement, puis fit construire le dancing au sortir de la seconde guerre mondiale. Ces bals avaient lieu le mardi soir, le jeudi soir, le samedi soir, le dimanche après-midi et soir : à partir de 1945 Fernand Nadal gérait entièrement cette activité. Les nombreuses fraiseuses de la commune (jusqu'à 300 par saison) pouvaient venir danser sur la musique d'un pick-up ou d'un orchestre (Rougier Gaston et Jacky, Edouard Duleu ?, Bob Louvois ?, André Roques, Loulou Bessières…). De nombreux jeunes hommes de toute la région affluaient à Caillac en autobus pour faire des rencontres tout en consommant vin blanc et mousseux. Ces bals ont eu une grande renommée jusque vers 1965.

  

La fête des fraises

Un dimanche par an, en plein milieu de saison, avait lieu la fête des fraises organisée par le comité des fêtes: un orchestre s'installait sur la place derrière la vieille fontaine en brique pour animer un bal l'après midi et en soirée. Il y avait également quelques petites attractions foraines pour les plus jeunes. Quand aux conscrits de l'année, ils passaient chez tous les producteurs de la commune pour récupérer des fraises et du vin rouge qui étaient mélangés dans de grandes bassines : ces fraises au vin rouge étaient vendues au niveau de la fontaine (l'argent récolté permettait de financer la fête votive du village).

  photos: restaurant Nadal et dancing Nadal extérieur et intérieur

 

La Fraise dans les années 1930

photo : "fraiseuses" au travail

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on peut y lire :

N'est-ce pas que tout ceci et vrai-
ment bucolique à souhait ?
Autour de cette gare de Caillac-Espère,
si connue parmi les commis-
sionnaires des halles, les stolons de
fraises ont élargi le cercle d'un vrai
paradis ... Et, bien que l'horizon se
soit un peu assombri, le fraisiculteur
espère encore de beaux jours

d'après Ernest Lafon, La route du " vin de Cahors ", Circuit touristique de Cahors à Fumel-Bonaguil, imprimrie Coueslant, Cahors vers 1936.


La culture et la vente des fraises d'après l'enquête agricole de 1929

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Extraits de La Statistique agricole de la France, annexe à l'enquête de 1929 ; L. Gay et R. Gromas, Monographie agricole du département du Lot, ministère de l'agriculture, 1937.

 

Extrait du rapport du concours d'honneur du Lot

organisé par le ministère de l'agriculture en 1926

 

 

Prix de spécialité : La culture de la fraise déjà très répandue dans la région de Cahors a un apôtre en la personne de M.Brunet Jean, domicilié à Larroque, commune de Caillac, dans la vallée même du Lot. M. Brunet fut un précurseur. C'est à lui que l'on doit le développement pris par la production de la fraise dont l'exportation se fait actuellement sur une grande échelle sur le marché de Paris.

Le jury a examiné les 40 ares de fraisiers du concurrent, soit 10000 pieds environ dont la récolte ne dura pas moins d'un mois cette année avec 7 personnes par suite des conditions atmosphériques à la maturité. Cette culture réclame de nombreux soins qui, ici, sont donnés attentivement : sarclage, enlèvement des fils, paillages, sulfatage, etc. Mais le rapport élevé récompense largement les efforts puisque cette modeste parcelle ne fournit pas moins de 1200 à 1400 kilos de fraises, laissant un bénéfice net de plus de 6000 francs. La main d'œuvre nécessaire pour la récolte est fournie par des jeunes filles accourues du nord du département (région de Gramat).

M. Brunet est propriétaire d'une ferme importante de 16 hectares dans laquelle il produit, outre des fraises, du blé, du vin, des fruits et du tabac. Il travaille avec sa femme et son fils, évoquant parfois dans son dur labeur le souvenir d'un autre fils, mort au Champ d'honneur, fils qu'il destinait aussi à la terre et pour lequel il avait acheté une petite propriété.

A M. Brunet Jean, qui sut importer et développer dans sa région une culture, source de richesse, le jury décide d'attribuer à l'unanimité un objet d'art. 

Dans ce même concours, M. Parra Jean, cafetier-épicier à Lacroix s'est vu accorder une médaille de bronze pour " diverses améliorations dans sa propriété de 3 hectares " comprenant " une parcelle de fraisiers ".


 

1- Ernest Lafon, La route du "Vin de Cahors ", prétend que la culture de la fraise fut introduite à Caillac par M. Delrieu, instituteur qui venait de Calvignac ; Gilbert Fournié, Histoire de la culture de la fraise dans la vallée du Lot, 1970, parle d' " Octavie Grannot, de Calvignac " qui loua des terres au Mas de Laroque et y " planta elle-même les fraisiers ".
2- Archives municipales de la commune de Caillac : registre des délibérations du Conseil municipal.
3- Archives de l'auteur
4- d'après Maddy Boussac : Les fraises de Caillac, Quercy recherche n°42, septembre-octobre 1981
5- L. Gay et R. Gromas, Statistique agricole de la France annexe à l'enquête de 1929, Monographie agricole du département du Lot, Ministère de l'Agriculture, 1937
6- d'après Gilbert Fournié, Histoire de la culture de la fraise dans la vallée du Lot, 1970
7- retranscrite par Adrien Ruayres, Notre Quercy, 1949, note page 386.
8- l'U.S.F.V.L fut fondée pour faciliter la commercialisation des productions fruitières de la vallée (fraises et pêches), sa création ne fut effective que le 1er mai 1941 ;
9- Gilbert Fournié, Histoire de la culture de la fraise dans la vallée du Lot, 1970
10- D'après Le Lot terre des merveilles, publié sous le patronage de la Chambre de commerce de Cahors et de l'Union touristique du Quercy, 1er trimestre 1953
11- Gilbert Fournié, Histoire de la culture de la fraise dans la vallée du Lot, 1970
12- Gilbert Fournié, op cit.
13- L. Gay et R. Gromas, Statistique agricole de la France annexe à l'enquête de 1929, Monographie agricole du département du Lot, Ministère de l'Agriculture, 1937

 


le "blog des Bourians" nous cite :

https://www.blogdesbourians.fr/caillac-de-1905-a-1965-la-culture-de-la-fraise/