La journée du patrimoine du 16 septembre 2012

Le Domaine Féodal de Langle

Légende :

  • ocre jaune, promenade du matin
  • en rouge, promenade de l'après-midi
  • dans le texte les mots*en rouge-gras avec astérisque renvoient à un lexique
La Seigneurie de Langle

La seigneurie de Langle est une terre située dans la paroisse de Caillac faisant partie de la baronnie de Luzech, mais dépendant de Crayssac.

La fondation de la seigneurie de Langle

En 1300 les barons de Luzech possédaient un fief* dans la paroisse de Caillac : le masage de Langle et le masage du Prunhac. Les Luzech prétendent y exercer la basse justice. Un texte de 1375 nous apprend que les Luzech sont propriétaires des moulins "dels Angles" (un sur "Lolt" et l'autre sur le Baoury).

Vers 1420 Guillaume-Amalvin V de Luzech détache " Langle " de sa baronnie en faveur de son fils cadet Gasbert. Ce qui accentua les différends entre les barons de Cessac seigneurs de Crayssac et les Luzech. Chacun ayant des prétentions sur les possessions et les droits de justice de l'autre. Or le nouveau seigneur de Langle pouvait revendiquer une part de l'héritage de ses aïeux seigneurs de Crayssac. Tout ceci amena les deux seigneurs à transiger dans un acte en date du 28 avril 1447.

Cet acte fonde la seigneurie de Langle, puisque après avoir rappelé les possessions de Gasbert (dont " la Mouline " sur le Lot), il obtient le droit de baile (c'est-à-dire de se fortifier), ainsi que la basse justice sur son fief qui est délimité avec précision. Les barons de Cessac seigneur de Crayssac conservent les autres justices et doivent recevoir l'hommage* de ceux de Langle.

Les limites de la seigneurie de Langle

La seigneurie de Langle englobait un territoire d'environ 350 hectares. La limite partait de la croix du Prunhac (aujourd'hui dite de Vidaillet), elle suivait le chemin en direction de Lapoujade, obliquait vers le nord en passant au dessus du hameau du Suquet, traversait les prés sur le chemin au bout des prés de Langle, gravissait la cévenne au dessus de la métairie* de Langle, longeait la ligne de crête et redescendait au Bourrut (ancienne écluse sous la Cévenne). La frontière était ensuite le Lot jusqu'au dessous de la Moulinette, où le chemin remontant à la croix du Prunhac finissait de délimiter la seigneurie.

L'emplacement du château

Le château fut construit en bordure de la rivière Lot et d'un petit ruisseau venant des combes de Crayssac que l'on nomme le Baoury. Le moulin de Langle, dont l'existence est prouvée au XIVème siècle, était une source importante de revenus pour l'époque, qu'il fallait surveiller de près. De plus le Lot était la principale voie de transport de marchandises de la région sous l'ancien régime et son contrôle était un enjeu majeur. Ce contrôle ainsi qu'un prélèvement de taxes sur les marchandises, étaient facilités par la présence du barrage alimentant en eau le moulin (et qui était un obstacle à la navigation).

L'hypothèse de la construction du château de Langle à l'emplacement d'une exploitation agricole ou d'un ancien fort de l'époque médiévale n'est pas à exclure, même si aucune preuve ne vient l'étayer.

Les Bailes*

Un baile est une cour fortifiée par une enceinte et pouvant servir de camp retranché en cas d'attaque. Langle possède deux bailes : un grand de 68 ares qui entoure le château et un plus petit de 3 ares formant la cour d'honneur qui protège la façade principale.

La muraille du grand baile suit le chemin d'accès le long du ruisseau du Baoury : elle surplombe la route et le ruisseau (ce dernier pouvant jouer le rôle de douves). On peut y voir les restes d'anciens créneaux. Les deux angles de l'enceinte à l'est étaient fortifiés par des tours rondes : celle du nord-est est en excellent état, l'autre a été arasée sans doute au XVIIème siècle. L'entrée devait se faire en passant sous un hourd. L'enceinte se prolonge vers le Lot, avec une échauguette au niveau du virage et une tour en demi-lune (la forme en demi-lune s'explique par la proximité du château, si cette tour avait été prise, elle ne pouvait pas servir de bastion pour l'attaque) dans l'angle nord-ouest. Puis le mur longe le Lot pour aboutir aux granges qui autrefois fermaient ce grand baile.

L'entrée dans le petit baile ou cour d'honneur se faisait en passant sous un hourd*dont nous connaissons l'existence par une gravure.

 

Le Château de Langle

Trois phases de construction apparaissent en observant attentivement le château :

-La partie la plus ancienne semble être l'aile vers le Lot, qui possédait autrefois des baies géminées et un bastion semi-circulaire face à la rivière.

-Ensuite fut construit une partie de la façade donnant sur la cour d'honneur. Ce bâtiment était arrondi à ses extrémités pour faciliter sa défense. Un arrondi est visible au sud, l'autre existe encore, mais se trouve dans le bâti et abrite l'escalier.

-Enfin le bâtiment sur la cour d'honneur fut allongé : cette partie est délimitée par un chemin de ronde sous les combles.

Les travaux durent commencer sous Gasbert de Luzech, ils se poursuivirent sous son fils et sa petite fille. En effet, ce sont les armes des Geniès qui furent placées au dessus de la porte.

Le château de Langle avait un but défensif affiché, il était très austère, ce qui lui valait le qualificatif de "Castel nègre" par les populations locales. Il n'y avait aucune ouverture au rez-de-chaussée, hormis donnant sur la cour d'honneur qui était bien protégée. Les fenêtres étaient rares et de petites dimensions sur l'ensemble des façades. Le toit était fait de pierres plates. La façade nord était protégée par les mâchicoulis du chemin de ronde ainsi que par une échauguette (angle nord-ouest) qui permettait de défendre éventuellement la tour en demi-lune du baile. A l'ouest deux tours fermées les angles formés par l'aile allant vers le Lot. Le reste du bâtiment était ceint par le petit baile formant la cour d'honneur. A cette époque, les pièces à vivre se trouvaient dans les étages, le rez-de-chaussée étant occupée par une cuisine (avec sans doute un fournil dépassant de la façade nord) et des réserves.

En 1882, le château fut entièrement restauré (plan). L'architecte inspiré par Viollet-le-Duc, transforma profondément l'édifice : la plupart des fenêtres furent agrandies ou refaites (deux seulement sont d'origine !), la toiture en pierre céda la place à une couverture d'ardoise, l'échauguette nord-ouest disparut, la façade ouest de l'aile vers le Lot fut entièrement rebâtie (en supprimant le petit bastion). Enfin le château gagna un donjon de style médiéval avec sa guette. Les travaux supprimèrent la cheminée extérieure (d'un fournil ?) sur la façade nord, ainsi qui le hourd qui protégeait l'entrée de la cour d'honneur. Au cours des années suivantes, les communs et autres granges furent aussi restaurés.

Anecdote de la cloche de la cour d'honneur

Paul de La Tour et Madeleine Vaquié eurent en 1717 un fils prénommé Jean Louis, mais qui naquit aveugle. Cet enfant jouait souvent avec les fils du meunier et s'amusait malgré sa cécité, à monter aux arbres. Or il advint qu'un jour, il tomba du haut d'un orme. Au cours de sa chute, il fit le vœu de consacrer sa vie à Dieu si la Vierge l'aidait et lui sauvait la vie. En plus de se relever miraculeusement indemne de sa chute, il retrouva la vue ! Après des études au séminaire de Cahors, il fut ordonné prêtre en 1742. Avancé en âge, il prit sa retraite en s'installant à Langle et il desservit même la paroisse de Caillac quelques mois. Après le repas, il s'asseyait sur le banc à côté de la porte d'entrée, pour lire son bréviaire. Le 1er décembre 1782, la cloche du château qui se trouvait au dessus de sa tête se détacha et lui ôta la vie… 

La Chapelle du château

Elle fut construite à la fin du XVIIème siècle pour que les seigneurs de Langle puissent régulièrement y assister à la messe, mais aussi comme lieu de sépulture. Il est probable que Louis de La Tour fit construire cette chapelle et fut ainsi le premier à y être enterré. 

Les seigneurs et propriétaires de Langle

Le domaine de Langle a la particularité, d'être toujours resté dans la même famille. Ainsi les propriétaires actuels sont-ils les descendants de Gasbert de Luzech qui fonda la seigneurie en 1447.

Voici la chronologie de succession des seigneurs et propriétaires de Langle avec l'année de leur mariage :

1450 : Gasbert de Luzech et Guiscarde de Lentilhac

1470 : Dordé de Luzech et Catherine de Lolmie

1505 : Jeanne de Luzech et Antoine de Geniès

1534 : Gilbert Ier de Geniès et Marguerite de Gourdon

1557 : Gilbert II de Geniès et Françoise de Vilars de Montagut

1604 : François de Geniès et Antoinette de Beaumont

1654 : Gratien de Geniès et Suzanne de Cunhac de Giversac

1680 : Suzanne de Geniès et Louis II de La Tour

1709 : Paul de La Tour et Madeleine de Vaquié

1751 : Joseph de La Tour et Marie-Paule d'Aubéry de Saint Julien

1777 : Magdeleine de La Tour et Jean, Clément du Bois de Gaudusson

1811 : Louis du Bois de Gaudusson et Félicienne de Latapie

1864 : Gaston du Bois de Gaudusson et Anne Marie Petit

1909 : Jean du Bois de Gaudusson et Jeanne Galouzeau de Villepin

1949 : Jacques du Bois de Gaudusson et Gisèle Lebailly

Le blason des Luzech :

 

Ecartelé: aux 1 et 4, d'argent au griffon d'azur, lampassé et armé de gueules; aux 2 et 3, d'azur, au croissant d'argent.

Le blason d'Antoine de Geniès :

 

De gueules, à un chevron d'argent ;à la bordure d'azur

Le blason des Geniès de Langle :

 

Ecartelé : aux 1 et 4, de gueules, au chevron d'or ; aux 2 et 3, d'azur, au croissant d'argent.

Le blason des La Tour de Langle :

 

De gueules, à la tour d'argent crénelée de trois pièces.

Le blason des du Bois de Gaudusson :

 

D'argent, au chevron de gueules, accompagné en pointe d'un cerf de sable issant d'un bois de sinople ; au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent, accompagné de deux étoiles du même.


Blason extrait des archives de LANGLE

Dans le château, sur le linteau d'une cheminée du 1er étage (photo Blaviel)
Moulin de Langle

Un texte de 1375 précise l'existence des moulins "dels Angles" dont un sur la rivière "Lolt" et l'acte de fondation de la seigneurie de 1447 précise que Gasbert de Luzech est bien propriétaire d'un moulin sur le Lot. L'abondance des eaux permettait d'entraîner trois paires de meules pour moudre la farine. Le problème de ce moulin provenait des crues de la rivière obligeant le meunier à utiliser la "mouline" sur le ruisseau du Baoury et à réparer ce moulin de Langle.

En 1666, l'administration royale contesta la jouissance de certains moulins et droits de pêche sur le Lot, mais le seigneur de Langle put prouver ses titres.

Jusqu'au XVIIIème siècle les seigneurs de Langle louaient aux meuniers les deux moulins ainsi qu'un logement au pied du Suquet.

Au XVIIIème siècle, le moulin de Langle fut surélevé d'un étage pour loger sur place le meunier. A cette époque, le moulin était alimenté en eau par un barrage de 161 mètres de long construit en pierre sèche avec une chute d'eau de 1,8 mètre.

En 1842 l'Etat reconstruisit entièrement le barrage, portant la chute d'eau à 2 mètres, ce qui obligea à une remise à neuf des mécanismes du moulin qui pouvait ainsi atteindre une force de 300 chevaux. Ce moulin était encore en activité au cours de la première guerre mondiale, puis il fut abandonné et enfin en partie noyé lors de la construction de la centrale hydro-électrique de Luzech.

Du passelis à l'écluse

Jusqu'en 1842, il n'y a pas d'écluse à Langle. Les gabares sont obligées de traverser en empruntant une chute d'eau en pente douce que l'on nomme passelis *. Ce passelis se trouvait à côté du moulin et il y avait un pertuis* de 19mètres de large sur la rive gauche.

La dangerosité de ce type de franchissement et la nécessité de trop souvent réparer le barrage en pierre sèche, décidèrent l'Etat en 1842, à rebâtir entièrement le barrage en y incluant la construction d'une écluse. Peu après, une maison éclusière vint étoffer ce dispositif facilitant la navigation sur le Lot.

 

Port et bac de Langle

La rive entre le moulin et le mur du baile était un port important sur la rivière. Les marchandises et plus particulièrement les barriques de vin y été chargées pour être vendues sur Bordeaux. Ce port était alimenté par les habitants de la seigneurie de Langle, mais c'était aussi le lieu de passage de la plupart des marchandises de Crayssac et d'une partie de Parnac. On trouvait même un service de bac pour relier les deux rives. Le seigneur possédait le droit de pêche dans la rivière ; il louait ce droit à des pêcheurs et un de ces pêcheurs devait assurer le fonctionnement du bac. Ce bac à quelques mètres du barrage étant trop dangereux, il fut décidé de le transférer plus en amont, en créant un chemin entre le baile et la rivière. La crue de 1783 emporta ce chemin qu'il fallut refaire en construisant un mur de soutènement.

Jusqu'à la Révolution, port et passage étaient aux mains du seigneur de Langle qui en percevait des taxes. Le port subit la concurrence du chemin de fer et fut abandonné avec le phylloxéra. Quant au bac, il resta en service jusqu'à l'entre deux guerres.

 

La Métairie de Langle (aujourd'hui sur la commune de Crayssac)

L'acte de fondation de la Seigneurie datant de 1447 définit la juridiction de Langle où s'exerce la basse justice. A cet endroit, la limite passe au dessus de la métairie de Langle. Une exploitation agricole se trouvait au pied de la colline avant que la pente ne soit trop forte au niveau de la Cévenne.

De cette Métairie, on peut voir le pigeonnier seigneurial, formé d'une tour couverte d'une toiture en pierre sèche. A l'intérieur, des pierres en sailli empêchaient la montée des rongeurs. Les pigeons nichaient dans des trous de la muraille (beaucoup semblent avoir été bouchés par de la maçonnerie) ou peut-être dans des paniers d'osier suspendus. Jusqu'à la Révolution (nuit du 4 août 1789), seuls les gros propriétaires et les seigneurs avaient le droit d'ériger un pigeonnier. Ce pigeonnier permettait de produire de la colombine servant à fertiliser les vignes. Jusqu'au Phylloxéra, cette tour aujourd'hui à flanc de colline, se trouvait au cœur du vignoble de Langle.

Au bas de la côte de la " voie romaine ", d'un côté se trouvent les ruines d'une habitation sans doute voutée et de l'autre des terrasses en pierre d'anciens jardins.

Enfin le long du chemin menant à la mouline, on trouve un petit canal pour irriguer les prés avec l'eau du trop-plein du moulin ; et des carrières au pied de la colline.

 

La Mouline sur le Baoury

La présence d'un moulin à deux meules sur le petit ruisseau du Baoury, est attestée en 1375. La mouline profite d'une légère dénivellation naturelle au milieu des prés qui concentre toutes les eaux de la combe à son emplacement. Ce moulin ne fonctionnait pas toute l'année : on l'utilisait lorsque les eaux du Lot étaient trop hautes, empêchant un bon fonctionnement du moulin de Langle.

L'eau passait sous la voute en actionnant deux turbines. Le trop-plein et un système de vannes permettaient de faire fonctionner les meules et en plus d'irriguer les prés en aval.

Ce moulin est tombé en désuétude au XVIIIème siècle, lorsque les meuniers allèrent vivre à Langle. En 1811, le bâtiment est déjà en ruines et donc non cadastré. Aujourd'hui subsiste en bon état, la voute qui supporte encore les deux meules dormantes.

 

Le castellas

Le frère du seigneur de Langle Gilbert II, nommé François, hérita d'une partie de la seigneurie nommée le Suquet (qui désigne un lieu perché). A la suite d'une brouille entre les deux frères (François eut un " bâtard " de Jeanne Bongrelette qui plus tard fut légitimé par le roi) François fit bâtir à la fin du XVIème siècle un petit château ou " castellas " au pied de la colline du Suquet. Devenu militaire, François se réconcilia avec son frère et l'aida même dans quelques affaires notamment judiciaires. Les deux Frères vécurent donc à Langle et de là vient la tradition que le castellas n'a jamais été habité (ce qui ne semble pas être exact).

Par la suite le castellas changea de propriétaire, devenant un fief de Noble de Labarthe (aujourd'hui à Espère) Seigneur del Suquet en 1657.

Ce bâtiment conserve une échauguette (il semble qu'il y en ait eu dans les autres angles) une petite tour et des mâchicoulis servant d'assommoirs au dessus des portes.

La maison des meuniers

Au carrefour, en dessous du castellas, se trouve une maison en ruine qui se compose de deux modestes pièces abritées par ce qui devait être un toit celtique (à tuiles plates et à forte pente).

Cette habitation qui se trouve à égale distance des deux moulins était certainement la maison du meunier dont on sait qu'elle se trouvait au Suquet avec un jardin au pied du castellas. Par la suite ce lieu semble avoir été transformé en épicerie.

Lapoujade

Avant la guerre de Cent-Ans, cette partie de la seigneurie de Luzech se nommait: "Masage de Langle". Le nom de Langle a par la suite était réservé au château et à toute sa juridiction. Le village a pris le nom de " Lapoujade " qui désigne en occitan un lieu en pente, ce qui est parfaitement exact puisque les maisons ont été construites sur une dénivellation (ou talus) entre deux terrasses alluvionnaires du Lot.

Le Cadastre de 1657 dénombre 22 propriétaires à Lapoujade.

Quelques élements architecturaux prouvent l'ancienneté de l'habitat de ce hameau : fenêtre à accolade du XVème siècle sur la maison Lugan, encadrements de portes ou de fenêtres biseautés ou arrondis des XVIème et XVIIème siècles, une pierre de remploi provenant sans doute d'une fenêtre renaissance, des linteaux de portes datés du XVIIIème siècle…

Enfin, il faut noter, à proximité de l'ancienne forge, la fière silhouette du chêne de Lapoujade.

 

L'église de Caillac et les seigneurs de Langle (voir dans ce site la documentation sur l'église )

En 1130, Izarn Ier baron de Luzech (ancêtre des seigneurs de Langle) fit don de l'église de Caillac et du territoire environnant, au Chapitre de la Cathédrale de Cahors.

En 1511, Catherine de Lolmie épouse de Dordé de Luzech seigneur de Langle, fait construire (ou reconstruire…) une chapelle dans l'église de Caillac pour servir de lieu de sépulture à sa famille. Cette construction engendra un conflit avec Jean d'Anglars seigneur de Laroque del Pont, sur le territoire duquel se trouvait l'édifice. Les travaux furent terminés en 1515 et tous les seigneurs de Langle y furent ensevelis jusqu'en 1680.

Le 6 mars 1628, Pierre Habert, évêque de Cahors vend l'église de Caillac et la quarterée de terre où elle est bâtie. François de Genies l'achète pour la somme de 1200 livres et l'hommage d'une paire de gants. François, grâce à cet achat, devient seigneur haut justicier et fait peindre ses armoiries sur les murs de l'église (droit de litre* ).

De cet achat découle un conflit avec le seigneur de Cessac qui se considérait comme le seigneur de l'église. En 1632 le Parlement de Toulouse ordonne que " le dit Cessac jouira des droits honorifiques " en particulier celui d'apposer ses armoiries au dessus de celles de Langle. François de Genies profita de ce conflit judiciaire pour faire réviser l'accord de 1447 qui fondait la juridiction de Langle et il obtint du Parlement de Toulouse le 8 mai 1639 l'exercice de toutes les justices dans sa seigneurie.

Un texte de 1665 décrit l'intérieur de l'église de Caillac, avec deux prie-Dieu dans le Chœur : un pour le seigneur de Langle et l'autre pour celui de Cessac.

Au XVIIème siècle, les seigneurs de Langle firent percer une nouvelle porte à la base du clocher pour accéder directement à leurs places, sans avoir à traverser l'église.

Enfin le dernier élément qui rappelle aujourd'hui encore les seigneurs de Langle, est la litre * inférieure avec les armes de Joseph de La Tour (dernier seigneur disparu avant la nuit du 4 août 1789 qui mit fin à ce privilège).

La Moulinette (ne faisant pas partie de la seigneurie de Langle)

Ce moulin fut fondé par deux paysans qui s'associèrent. Il était en construction en 1456. Adhémar de Massault (seigneur de la Borie de Laroque où fut construit le château Lagrézette) tenta de faire partie de cette association car il possédait déjà un moulin à Caillac (moulin de Renardillo aujourd'hui Lagrézette). Les deux paysans refusèrent l'offre du seigneur mais durent s'engager à ne pas battre de fer dans leur moulin (ce qui était devenu une habitude au cours de la guerre de Cent-Ans).

La moulinette est un moulin à deux paires de meules actionnées par des turbines pour moudre la farine.
Les carrières

La pierre le long du Lot était exploitée pour servir à la construction des bâtiments : on peut voir sur le rocher de nombreuses traces de trous de mines.

La ferme en ruine de la Gazelle

Le passage le long du Lot entre la Moulinette et Largueil ne semble côtoyé que le rocher et des bois. Et pourtant à y regarder de plus près, dans un talweg où la dénivellation est moins forte, on peut observer des murets en pierres sèches d'anciennes terrasses qui servaient à cultiver la vigne. Enfin cachée par la végétation, mais à cent mètres environ de la rivière, on trouve les ruines d'une petite ferme. Son propriétaire en 1811 nommé Delcros portait le surnom de la Gazelle. Gazelle ou Cazelle est un diminutif du mot latin Casa (maison) et désigne aussi bien une chaumière, une petite ferme ou une cabane en pierre sèche.

Au XIXème siècle, cette famille Delcros s'installa au bas de la côte allant de la fontaine à Largueil, l'appellation " la Gazelle " fut donnée à leur nouvelle maison. L'ancienne ferme fut abandonnée à l'époque du Phylloxéra* et tomba progressivement en ruines.

 

Largueil

Avant la guerre de Cent-Ans, cette partie de la seigneurie de Luzech se nommait : " Masage de Prunhac ". On trouve encore de nos jours un lieu-dit " Prunet " à proximité. Le cadastre de 1657 parle du lieu de " Leurguel " qui compte à cette époque 24 propriétaires. La carte de Cassini vers 1780 nomme ce hameau : " L'Argus ". Après bien des changements l'orthographe se fixa au nom Largueil que nous connaissons actuellement. Cette appellation semble provenir de l'argilius qui en latin désigne l'argile.

Mais Largueil était prononcé " la ruelle " par nos anciens. Or à l'origine ce village se composaient de petites maisons le long d'un sentier (ou ruelle) reliant le carrefour où se trouve actuellement l'oratoire de la Vierge à la rivière Lot. La partie la plus basse, où la pente est très forte, fut abandonnée au cours du XVIIIème siècle et ne subsistent aujourd'hui que des ruines qui rendent bien compte de l'exiguïté des habitations imbriquées les unes dans les autres. Les habitants se firent construire des habitations plus spacieuses au-delà du carrefour de l'oratoire (Les premières constructions aux " Claussets " semblent dater du milieu du XVIIIème siècle).

Il est à noter qu'une petite chapelle dédiée à la Vierge se trouvait au carrefour des " Claussets " et des " Coustalous ". Elle était à l'emplacement de la borne incendie actuelle et fut détruite dans les années 1930 pour agrandir le carrefour. Peu d'informations nous sont parvenues sur cette chapelle : elle apparaît sur le cadastre napoléonien et " on y allait en procession " autrefois (d'après l'abbé Clary ; Dictionnaires des paroisses du diocèse de Cahors). La Statue de la Vierge fut confiée à une habitante du hameau et sa fille la plaça dans l'oratoire que nous pouvons voir au centre de Largueil et qui fut édifié en 2003.

La Tuilerie

Ce hameau n'existe pas sur le cadastre de 1657. Il fut fondé par le premier "thuilier" de Caillac nommé Jean Châtain (ou Castanié) fils du meunier de Langle, né vers 1644 et décédé en 1727. Les premières constructions doivent sans doute datées de l'époque de son mariage, en 1680. Des briquetiers de cette famille Châtain se succédèrent à la Tuilerie, de père en fils, jusqu'à la fin du XIXème siècle. Cette dynastie était liée aux briquetiers de Parnac : ainsi Pierre Châtain (1687-1762) a épousé Guillaumette Fournié fille de Jean Fournié briquetier aux tuileries de Parnac (en face du Bourrut).

La Carte de Cassini vers 1780 nomme ce lieu : "La Thuilière".

Le cadastre napoléonien de 1811 (voir document), précise qu'il y a un hameau de trois maisons (Châtain, Pons gendre Châtain et Vidaillet) et la briqueterie sur le chemin menant au Lot.

Cette briqueterie est restée en activité jusqu'à la guerre de 1914, produisant des briques foraines, des tuiles plates ("crochettes") et des tuiles canal.

 

La Métairie de Chantelle

Le bâtiment actuel remonte au XVIème siècle (peut-être au XVème). Les fondations reposent sur le rocher qui a été taillé pour épouser la forme des murs.

En 1657 le lieu s'appelle "Chantele" et se compose de deux maisons de part et d'autre d'un chemin menant au Lot. En 1811, les deux maisons sont encore cadastrées et forment " la Chantelle " au lieu-dit de la Métairie de la Chantelle. Le cadastre de 1935 aboutit à l'appellation : " Métairie de Chantelle ".

La maison de droite a disparu au XIXème siècle. Les seules traces de cet édifice sont le puits et le fournil (qui était encore en activité dans les années 1920).

La maison de gauche remonte au XVIème siècle (voute de la cave côté cour). A ce bâtiment fut accolée une tour au XVIIème siècle sur la façade nord. Au XVIIIème siècle, la maison fut agrandie côté cour et au nord-est contre la tour. Au XIXème siècle la façade nord fut prolongée. Enfin, par la suite les granges furent agrandies.

 

 

 

 

A noter l'exceptionnel cèdre du Liban dont le tronc mesure 2 mètres de diamètre (sans doute planté vers 1770).

 

Lexique

 

Baile
ou
Bayle

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FORTIF. Au Moyen Âge, terrain clos par le (ou les) mur(s) d'enceinte d'un château, d'une forteresse :

1. ... notaires et assesseurs se rendent à la tour du côté des champs. Une centaine d'hommes d'armes, qui se trouvaient dans le bayle, les accueillent par des vociférations et des menaces. A. France, Vie de Jeanne d'Arc,1908, p. 374.

Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842 (s.v. baile, renvoyant à baille), ds Lar. 19e(s.v. bayle), ds Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Lar. encyclop.

? Baile intérieur. Celui qui se trouvait entre l'enceinte intérieure et le donjon :

2. À droite régnait un vaste bayle, ou place d'armes, destiné au logement de la garnison et à la défense du château du milieu. A. France, Vie de Jeanne d'Arc,1908, p. 182.

Rem. 1. Lar. 19e donne comme synon. basse-cour. 2. Attesté comme subst. fém. par Ac. Compl. 1842, comme subst. masc. et fém. par Guérin 1892; Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Lar. encyclop. donnent comme autres orth. possibles baille, bayle, beille, belle.

Étymol. et Hist. Ca 1160 baile « palissade, enceinte » (Énéas, éd. Salverda de Grave, 9632 ds T.-L. : Tot le baile a fait alumer); fin xiies. baille « id. (autour d'un château) » (Garin le Loh., 2echans., XXX, P. Paris ds Gdf.); en partic. av. 1218 « courtine (mur de jonction) » (Villeh., 437, Wailly, ibid. : Reniers de Trit ere as bailles des murs), qualifié de ,,vieux langage`` ds Trév. Suppl. 1752, demeuré en pic. baille « barrière » (Corblet; Jouanc. t. 1); cf. 1872 (Littré : Baille. Nom donné, dans le nord de la France, aux perches dont on entoure les pâturages). Sans doute du lat. baculum « bâton » (Cicéron, Verr., 6, 142 ds TLL s.v., 1670, 74), FEW t. 1, p. 201; la finale en -aille s'explique à partir du plur. bacula, la palissade étant composée de nombreux bâtons (cf. tenaille < lat. tenacula). Sur baille le lat. médiév. a fait un bajulus « pieu » (v. Du Cange).

 

fief

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Bien donné au vassal par le seigneur en échange de la fidélité et du service. Le mot, sans doute d'origine germanique (vieh, bétail, bien d'importance), est apparu dans le Midi à la fin du IXe siècle (fevum), avec peut-être une confusion avec le mot fiscum, et une filiation avec beneficium (voir ces mots), ce qui évoquerait l'origine "publique" du fief méridional. Il désigne la concession d'une terre fiscale par un agent public en échange de services publics. Il s'étend ensuite aux autres formes de concessions vassaliques et se substitue au mot bénéfice. Au moyen Âge, le fief est une source de revenu (très généralement terre, mais aussi , cens, droit, péage, etc.) concédée par le seigneur à son vassal à titre temporaire ou viager, puis surtout héréditaire en contrepartie d'un service militaire et d'un hommage et sur laquelle le propriétaire initial garde certains droits. Le fief a pu prendre des formes très variées (terre, droits, etc.): ainsi le fief-rente, qui consiste dans le versement d'une rente par le seigneur au vassal. La concession du fief est devenue héréditaire aux premiers temps féodaux.

 

hommage

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Hommage féodal

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Dans le système féodal, l’hommage est l’établissement ou le renouvellement d'une convention de vassalité qui interdisait toute rivalité entre deux hommes libres. La cérémonie devait en général avoir lieu au manoir seigneurial du futur suzerain en présence de plusieurs témoins. Elle rappelait publiquement l'existence d'une relation de féodalité entre deux familles, voire deux lignages, représentés par leur chefs qui pouvaient être une femme. Bien que typiquement hiérarchique, le contrat de vassalité entre les deux groupes les place dans un rapport de complémentarité dont les conditions ne sont pas déséquilibrées.
Le plus simple vassal est le chevalier dont la fonction est de servir la justice et la paix. En rendant hommage au suzerain, le vassal s'interdit tout acte d'hostilité contre lui, et promet de lui apporter aide et conseil. En contrepartie, le seigneur lui assure la possession paisible d'un fief, généralement une terre dont le revenu lui permet de vivre noblement et de s'équiper pour la guerre. En cas d'infidélité du vassal, après trois proclamations l'invitant à venir faire amende honorable au manoir où il avait juré sa foi, le suzerain peut reprendre par la force et confisquer le fief qu'il avait donné.
Le cérémonial de l'hommage est très précis ; il se place dans la tradition des actes d'allégeance entre chefs qui existent chez tous les peuples de l'Antiquité, y compris en Gaule. Les fondements religieux sont renouvelés avec les Évangiles : c'est d'abord la bonne foi, ensuite l'idée d'une justice qui met la force au service du pauvre et de l'orphelin, qui inspirent l'engagement.

 

hourd

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Un hourd (du francique *hurd « claie »[1]) est au Moyen Âge un échafaudage solide, fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille. Il désigne une maçonnerie grossière à partir du XVIe siècle, nommée communément « hourdage » et dont dérive le terme « hourdis ».

 

litre

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Une litre funéraire ou litre seigneuriale ou litre funèbre, ou encore ceinture funèbre ou ceinture de deuil était, sous l’Ancien Régime, une bande noire posée à l'intérieur et parfois même à l'extérieur d'une église pour honorer un défunt.

Description
Cette ornementation de l’église était réalisée à l'occasion des funérailles d'une personnalité. Elle consistait en une bande noire peinte sur les murs extérieurs ou intérieurs de l'église ou du bâtiment religieux où se déroulait la messe d'enterrement. Cette bande noire placée en hauteur s'agrémentait de représentations du défunt et le cas échéant de ses armoiries. Dans certaines régions, comme dans l'évêché d'Évreux, le support de la litre est une bande de mortier légèrement en surplomb

« Le patron fondateur avait droit de litre ; ses enfants, ses successeurs ou ayants cause, pouvaient les faire peindre au-dedans de l'église seulement et non au-dehors, s'il n'était seigneur haut-justicier ».

La litre funéraire pouvait faire le tour de tout l’édifice. De nature provisoire, peu de litres ont subsisté. La peinture pouvait être remplacée par une litre temporaire en tissu posée lors des obsèques d’un privilégié. La litre pouvait aussi se limiter à la chapelle intérieure d'une église. Il était défendu de placer des litres sur les images saintes et sur les croix de consécration

Cette coutume semble prendre naissance au début du XIVe siècle et caractérisera ensuite les obsèques princières de Louis II de Flandre à Charles Ier d'Orléans. René II de Lorraine fit tendre de noir la collégiale Saint-George de Nancy pour célébrer les funérailles de Charles le Téméraire.

Le droit de litre faisant partie des prérogatives seigneuriales sera supprimé à la Révolution française par la loi du 13-20 avril 1791, article 18.

Dans certains cas, on peut en retrouver cachées sous un badigeon ou sous le bois d'une chaire à prêcher, comme dans l'église de Saint-Mansuy de Fontenoy-le-Château ou celle de Saint-Denis de Sézanne ou en 2008 à Sermaise

 

métairie

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Métairie (colonat paritaire)

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Une métairie est un ensemble important de bâtiments et de terres voués à l'agriculture et occupé par un métayer et sa famille.

Métayage : Le métayage, ou bail à colonat paritaire, est traité dans l'article L462-1 du Code Rural :
« Le bail à colonat paritaire ou métayage est le contrat par lequel le possesseur d'un bien rural le remet pour un certain temps à un preneur qui s'engage à le cultiver, sous la condition d'en partager les produits avec le bailleur. »

Historique des métairies dans l'ouest de la France. Dans l'ouest de la France, il existe deux sortes d'exploitations agricoles : les grandes sont les métairies (elles font de 20 à 60 ha selon les régions), les petites qui font moins de 15 ha et souvent moins de dix s'appellent soit des closeries, soit des borderies ou bordages.

La métairie est donc exploitée par le laboureur, le bordage est exploité par le bordager. Ils sont tous les deux locataires. Le laboureur a souvent un niveau de vie plus aisé que le bordager. D'ailleurs certains laboureurs sont parfois propriétaires d'un bordage.

Le métayer payait en nature ou en argent un pourcentage selon le bail signé ou la parole donnée (souvent 50 % dans l'ouest de la France) et un fermier payait une somme fixe : il payait à ferme. Une bonne année pouvait lui être bénéfique, une mauvaise pouvait l'entrainer dans de graves difficultés : il fallait payer la somme prévue.

Dans l'ensemble, les fermiers étaient plus à l'aise que les métayers. Les métayers voyaient aussi beaucoup plus souvent leurs propriétaires ou leurs « régisseurs » qui contrôlaient les fraudes ou dissimulations.

 

passelis

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Passelis : pertuis dépourvu de système de fermeture et simplement constitué d'une glissière en pente douce. Le Lot était équipé de passelis avant sa canalisation au XIXe siècle.

 

 

pertuis

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Wikipedia:
En navigation intérieure, on appelle pertuis une ouverture dans un barrage de moulin destinée à laisser passer les bateaux. Cette ouverture, en l'absence de bateaux, est obturée par un système de madriers, de planches, de pièces pivotantes. On connaît plusieurs systèmes de fermeture de pertuis. On trouve les termes synonymes de « porte marinière », « porte à bateaux », « pas », « passelis », «navière », « portereau », « portineau », « voye ».

On peut voir encore des vestiges de ces ouvrages archaïques sur certaines rivières comme le Loing, le Thouet, le Ciron, le Cher (en aval de Tours), l'Ourcq, la Marne, le Loir (l'un vient d'être reconstruit sur cette rivière, à Bazouges)...

http://projetbabel.org/fluvial/p.htm
Les archéologues nauticiens considèrent le pertuis comme l'ancêtre de l'écluse moderne, le passage graduel de l'un à l'autre s'étant fait par l'étape intermédiaire du bassin à portes marinières, dont on peut observer trois exemplaires parfaitement conservés sur le Thouet, et un sur la Lawe

Pertuis : ouverture ménagée dans un barrage pour la navigation, en usage depuis l'Antiquité, ancêtre de l'écluse. En temps ordinaire, le pertuis peut être fermé par divers systèmes amovibles en bois, plus ou moins commodes, qu'il faut ouvrir pour laisser le passage aux bateaux. Dangereux et pénibles, les pertuis étaient source de conflits entre les mariniers et les meuniers, car leur ouverture faisait perdre beaucoup d'eau aux seconds. Avalant, le bateau doit sauter une chute d'eau de l'ordre de 0,50 m à 2 mètres, éventuellement retenu par un cordage par sécurité. Montant, il doit être halé dans la chute d'eau, aidé éventuellement par un treuil. En France, l'Yonne en possède encore plusieurs bien visibles, dont certains en excellent état, entre Clamecy et Auxerre. Son affluent la Cure également, entre Vézelay et Cravant. Synonymes : porte marinière, porte à bateaux, portereau, navière, pas, passelis, voie.

Beau document montrant le franchissement du pertuis de Château-Gonthier avant la mise en place d'écluses à sas, au début du XIXe siècle. Il semble que le bateau soit avalant, mais l'examen attentif du document ne permet pas de l'affirmer avec certitude. (Lithographie de Louis-Jules Arnout (1814-1868) In Le Maine et l'Anjou, publié de 1854 à 1862, par le Baron de Vismes, transmise par Jacques Sigot)

 

phylloxera

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Le « Phylloxera vastatrix » (Daktulosphaira vitifoliae),
ou phylloxéra de la vigne, est une espèce d'insectes homoptères de la famille des Phylloxeridae. C'est une sorte de puceron ravageur de la vigne. Le terme de phylloxéra désigne aussi, par métonymie, la maladie de la vigne causée par cet insecte.
Asa Fitch décrit l'espèce en 1855 et la place dans le genre Pemphigus; c'est Henry Shimer qui crée pour elle en 1866 le genre Daktulosphaira. En France, la maladie est observée pour la première fois vers 1863 sur le plateau de Pujaut près Roquemaure, dans le Gard; en 1866, on la retrouve près de Bordeaux, dans les palus de Floirac; l'insecte lui-même est trouvé par Félix Sahut le 15 juillet 1868, sur les racines de plants qu'il avait arrachés dans un vignoble de Saint-Martin-de-Crau chez M. de Lagoy. Jules Émile Planchon, ignorant les noms déjà créés par les entomologistes américains, décrit et nomme l'espèce Rhizaphis vastatrix en 1868 ; puis, le Dr Signoret, entomologiste parisien à qui Planchon avait envoyé des spécimens, la place dans le genre Phylloxera, au voisinage de plusieurs autres vivant sur les feuilles de végétaux divers. Le nom Phylloxera vastatrix sera longtemps utilisé, et l'est encore parfois aujourd'hui. L'insecte est originaire de l'est des États-Unis et a provoqué une grave crise du vignoble européen à partir de 1864. Il a en effet fallu plus de trente ans pour la surmonter, en utilisant des porte-greffes issus de plants américains naturellement résistants au phylloxéra.
En 1869, Victor Pulliat crée la Société régionale de viticulture de Lyon et prône par des conférences et des cours le greffage sur porte-greffes résistants pour régénérer la vigne française attaquée par le phylloxéra.

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