L'église de Caillac

Histoire de l'église Saint-Pierre de Caillac

Au début du Moyen-Age,

une première église fut construite avec un plan basilical à nef unique. La nef se prolongeait à l'est par une abside circulaire où la messe était célébrée et à l'ouest par un narthex (porche clocher) d'où les non-baptisés et les pénitents pouvaient suivre l'office. L'entrée des fidèles se faisait par un portail sur la façade nord.


Vers le XIIème siècle,

l'église fut entièrement reconstruite sur les mêmes fondations. Le narthex fut
abandonné. Le portail nord fut bouché et l'actuel portail sud fut édifié
(à l'époque il fallait monter quelques marches pour accéder à la porte !).


l'imposant clocher-tour

Aux XIIIème et XIVème siècles,

une nouvelle phase de travaux a eu lieu : l'abside circulaire est rasée (seules les fondations subsistent) pour laisser la place au chevet à trois pans que nous pouvons voir aujourd'hui ; l'imposante tour lanterne qui sert de clocher est érigée (les premières cloches furent sans doute fondues dans les ruines du narthex, car un four y a été découvert lors des fouilles archéologiques). L'église de cette époque était fortifiée pour résister à d'éventuelles attaques : il y a une meurtrière à la base du clocher et les murs entourant l'édifice furent protégés par un remblai de terre.

vue des restes de l'asbide


Après la guerre de Cent-Ans

les travaux reprirent : Les deux chapelles latérales, qui donnent un plan en croix latine à l'édifice, datent du XVème et du début du XVIème siècle. Le portail roman fut réaménagé entre 1490 et 1510 en ajoutant à l'intérieur un encadrement de style Renaissance (sans doute réalisé par des artisans italiens travaillant au château Lagrézette).

vue du portail actuel sous le porche


Enfin au XVIème siècle,

les seigneurs de Langle firent agrandir la chapelle nord et en profitèrent pour faire percer la petite porte à la base du clocher pour accéder directement à leurs places dans l'église. De cette même époque doivent dater la construction du porche, ainsi que la sacristie entre le chevet et la chapelle sud.


Le porche

servait de lieu de réunion (c'est l'ancêtre de la Mairie). A la fin de la messe dominicale, les hommes s'y réunissaient pour débattre des problèmes de la communauté.


le chapiteau qui est un réemploi

Le portail

se compose de deux parties de deux époques différentes. L'encadrement extérieur est de style roman, une voûte formée de petites pierres repose sur deux colonnes (un des chapiteaux est un réemploi) ; cette voûte est un rappel de la définition même du mot église (assemblée) une pierre n'a que peu d'importance mais lorsque plusieurs sont assemblées, elles forment un édifice solide. L'encadrement intérieur est de style Renaissance, on peut y voir le jardin d'Eden avec Adam et Eve qui sont les ancêtres de tous les hommes (d'où les portraits de couples en costumes de l'époque). Le blason seigneurial qui se trouvait dans la partie supérieure fut martelé à la Révolution.

  


Quelques détails du portail Renaissance

le chapiteau d'origine


Les litres :

le porche a permis de préserver des intempéries les enduits ainsi que les peintures qui forment les litres. Une litre est une bande de deux pieds ou plus de largeur peinte sur les murs intérieurs et extérieurs de l'église, et portant régulièrement des armoiries. Sous l'ancien régime ce droit de litre était réservé au seigneur qui exerçait la haute-justice. Un désaccord entre les seigneurs de Cessac et de Langle explique la présence de deux litres (celle de Cessac est au dessus de celle de Langle).


L'intérieur de l'église

rappelle beaucoup la structure sociale de l'Ancien Régime : la noblesse occupait les places à proximité du Chœur et avait un décor élaboré, alors que le peuple était cantonné dans une Nef plus dépouillée.

 

Le niveau du sol actuel est celui du XIIème siècle ; à un mètre environ de profondeur, on trouve un dallage beaucoup plus ancien. L'espace entre les deux, a servi de lieu de sépulture à de nombreuses personnes au fil des siècles. Il existait même une sorte de compétition entre les seigneurs pour être inhumer le plus proche possible du sanctuaire. Des inscriptions sur les pierres du dallage rappellent cette pratique funéraire.

 

La Nef semble très dépouillée, avec son plafond de bois : jusqu'au début du XIXème siècle, les fidèles n'avaient au dessus de leurs têtes, que le plancher avec ses poutres. En 1835, le conseil de fabrique décida de faire lambrisser ce plafond qui fut ensuite décoré d'un ciel étoilé. Lors de la restauration de l'église un plafond à la française vint remplacer cet ancien lambris. La restauration a aussi permis de redécouvrir les anciennes litres funéraires de la fin du XVIIIème siècle (ce privilège ayant disparu lors de la nuit du 4 août 1789). Celle du haut est ornée du blason de Louis-Antoine de La Roche-Fontenille qui avait le titre de baron de Cessac à l'époque de Louis XV ; celle du bas est constituée de blasons montrant une tour et désignant sans doute Joseph de la Tour seigneur de Langle.

 

Au centre de la Nef on trouve le bénitier du début du XVIIIème siècle et la porte de style néo-classique, en face, renferme les anciens fonds baptismaux. Quant à la chaire à prêcher, elle ne remonte qu'aux années 1920, puisqu'il s'agit d'un ex-voto d'une famille caillacoise, ayant perdu son unique fils au cours de la Première Guerre Mondiale. Enfin, entre la chaire et le portail, un tableau du XVIIème siècle est accroché au mur : il représente la Sainte Famille


Tableau de Saint Pierre

peint en 1848 par Jan Tysiewicz (1815-1891) élève d'Amerling.

Le peintre a utilisé une toile de grande dimension (hauteur : 416cm - Largeur : 226cm) pour montrer l'importance de Saint Pierre, premier des apôtres et fondateur de l'Eglise. L'autorité donnée à Saint Pierre et l'importance de sa mission sont traduites par la carrure imposante du personnage : il semble solide comme un roc (" Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise "). Un halo de lumière perce le gris du ciel pour auréoler le saint. Saint Pierre serre sur son cœur deux clés symbolisant les pouvoirs spirituel et temporel que Jésus lui a confiés ; de sa main gauche, il tient une épée qui rappelle le glaive avec lequel il trancha l'oreille droite du serviteur du grand prêtre, venu arrêter le Christ dans le jardin des oliviers. Un rosier du Paradis et le coq du reniement encadrent Saint Pierre. Enfin dans le fond du tableau, sur une colline, on peut reconnaître la silhouette de la basilique Saint-Pierre de Rome, qui est l'église du Pape construite sur la tombe de l'apôtre.

Ce tableau fut exposé en 1849 à Paris, où il fut acheté par l'Etat. L'église Saint-Pierre de Caillac ne possédait à l'époque, aucune représentation de son saint patron et avait fait la demande auprès du ministère des cultes pour qu'il remédie à cette situation. Un dépôt de l'Etat datant de 1849 fit entrer ce tableau dans l'église.


La Croisée,

qui occupe la base du clocher est la partie la plus décorée de l'édifice. La beauté et la finesse de la voûte, faite d'un entrelacs de voussures, rappelle que sous l'Ancien régime, seuls les seigneurs et leurs familles pouvaient s'installer près du Chœur. Cette voûte datant, sans doute du XIVème siècle, repose sur des culots ouvragés : à l'ouest la figure d'un homme et d'une femme (peut-être les commanditaires des travaux) à l'est un ange porte un écu. La clef de voûte explique aux fidèles ce qu'est la trinité : on y voit Dieu tenant dans ses mains trois sphères reliées entre- elles représentant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Un décor peint d'inspiration baroque fut ajouté à la fin du XVIIIème siècle ou au début du XIXème. 

 


Le Chœur

reconstruit au XIVème siècle possède une voûte à fines voussures reposant sur des culots ouvragés ; la clef de voûte représente Saint Pierre assis sur son trône. Le décor peint, quant à lui date de la fin du XVIIIème siècle ou du début du XIXème. Le Vitrail de la baie axiale représente Jésus donnant une clef à Saint Pierre.

L'église a conservé son maître autel concordataire en marbre du début du XIXème. Deux portes encadrent le sanctuaire : celle de droite communique avec la sacristie actuelle ; celle de gauche fut aménagée au XIXème siècle pour accéder à une seconde sacristie (ou salle de catéchisme…) construite à cette même époque (et démolie lors de la restauration de l'église). Au cours des travaux de fondations, les ouvriers trouvèrent une pierre ornée d'un bas relief (morceau de sarcophage ou ancien parement d'autel ?) qui fut placée au dessus du linteau de la porte : on peut y voir des anges en procession, portant des flambeaux et jouant d'anciens instruments de musique.  

 

le bas-relief (mur gauche du chœur)


La chapelle de la Vierge

date de la fin du XVème et du début du XVIème siècle. Une niche au dessus de l'autel (sans doute aménagée à l'emplacement d'une ancienne baie) met à l'honneur une statue de la Vierge du XVIIème siècle en bois dorée. Une Piéta (tableau représentant la descente de croix) du XIXème siècle est accrochée au mur Ouest. 


 

La chapelle Saint joseph

remonte au XVème siècle, mais elle fut agrandie au XVIème siècle et lors des travaux, les seigneurs de Langle firent percer la porte dans la masse du pilier soutenant le clocher. La fenêtre Est date du XVème siècle, mais elle avait été murée au XIXème siècle au moment de la construction de la deuxième sacristie. Pour éclairer cette chapelle, une nouvelle ouverture fut donc aménagée dans le mur nord : cette fenêtre reprend les dimensions des baies de la partie haute du clocher et elle abrite un vitrail de 1889 représentant Saint Joseph. La fenêtre du XVème siècle fut rouverte à l'occasion de la restauration de l'église (Un maître verrier fut chargé de faire un nouveau vitrail, mais en utilisant uniquement les techniques du XVème siècle). 


 

 

 

La sacristie,

remontant sans doute au XVIème siècle, forme une troisième chapelle. La voûte est soutenue dans les quatre angles par des culots finement sculptés (on peut reconnaître deux putti) au plafond, un blason sert de clef de voûte : il semble s'agir des armes de la famille Massault qui a fait construire le château Lagrézette. Deux enfeus, aujourd'hui transformés en placards, étaient aménagés dans les murs. Le mur ouest était orné d'une fresque représentant le Jugement dernier ; il n'en reste que la partie basse (on peut y voir, des damnés tourmentés par un monstre qui personnifie le démon). Enfin la sacristie abrite un autel baroque (peut-être l'ancien maître-autel de l'église) du XVIIème siècle : le bois sculpté et peint, forme un riche décor, allant jusqu'à imiter le marbre. 

 

 

 

 



la petite cloche

Le clocher.

L'accès au clocher se fait par l'antique échelle qui se trouve dans le fond de la nef. Il faut ensuite traverser le grenier en marchant sur le plancher de la nef. Le clocher se trouve au dessus de la croisée de l'église. Ce qui frappe en arrivant au dessus de la voûte, c'est la grande dimension de l'intérieur du clocher. Servait-il de lieu de refuge au Moyen-Age ? Certains éléments pourraient le faire penser : traces d'anciens planchers et surtout une archère qui depuis le XVème siècle sert à accéder aux combles surplombant la chapelle de la Vierge.
La partie supérieure du clocher abrite la chambre des cloches.
Nulle trace des premières cloches installées dans l'édifice. Une tradition voulait en effet, que régulièrement on fonde les cloches pour en augmenter le poids. Ainsi en 1637, les seigneurs de La Roque s'engagèrent à fournir : " la quantité de quatre quintal métal non travaillé pour la fabrication d'une cloche à l'église de Caillac… ". Le registre des délibérations de la commune, nous apprend qu'au moment de la Révolution, la paroisse comptait deux cloches et que lors de la réquisition des cloches par l'Etat il fut décidé de ne donner que la petite. L'église possède actuellement, deux cloches de tailles respectables qui sont surmontées d'impressionnants jougs en bois (ces jougs donnent un rythme relativement lent, lors des sonneries à la volée).

 Est inscrit dans le bronze: 

- de la petite cloche (environ 500 kilos)

Parrain : Monsieur Louis Depeyre
Marraine : Madame Laulanié de Verduzan
Curé : Monsieur Antoine Carcasset
Maire Jean joseph Théron
1870
Pourcel Cazes Frères et Triadou fondeurs à Villefranche Aveyron

- de la grosse cloche (environ 650 kilos)

Pour marraine madame Xavier Depeyre née Andron
Pour parrain monsieur l'abbé Auguste Abriol
Curé : Ducos
Baptisée le 13 février 1896
Je m'appelle Blanche Eulalie
Pourcel fondeur à Villefranche Aveyron

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la grosse cloche